Ceci est un faux texte.

Ceci est un faux texte. Si ce texte se trouvait coupé, tronqué, écourté, réduit, ou, pire encore, raccourci, ne vous en inquiétez surtout pas. Cela n’a aucune importance car ceci est un faux texte. Cela signifie qu’il n’a aucune vocation d’information, aucune prétention stylistique ni aucune valeur juridique (hélas). Il n’a pas d’autre raison d’exister que d’être là, à occuper l’espace. Histoire de définir un encombrement, montrer qu’un jour il y aura un vrai texte à la place, avec de vraies lettres formant de vrais mots formant de vraies phrases.

Exactement comme celui-ci, en somme, que vous lisez en ce moment, à la différence près que celui-là sera vrai alors que celui-ci est faux. D’apparence peu valorisant, le faux texte présente néanmoins un immense avantage : on peut y rencontrer des mots qui n’auraient jamais trouvé leur place dans un vrai texte. Et pourtant ce sont de vrais mots : cotyloïde, broutard, kapokier, propergol, mergule, cistude, niobium, nivéole, ornytaurinx, … Vous aurez noté que l’on peut également y faire de vraies fautes d’orthographe, voire de zoologie (et qui plus est les deux à la fois).

D’apparence peu valorisant, le faux texte présente néanmoins un immense avantage : on peut y rencontrer des mots qui n’auraient jamais trouvé leur place dans un vrai texte. Et pourtant ce sont de vrais mots.

 

Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que ce faux texte revêt assez peu d’intérêt et qu’il n’y aurait même aucune honte à le qualifier de rébarbatif. Curieusement, c’est cette absence totale d’intérêt qui fait tout son intérêt. Car, voyez-vous, il s’agit d’une démarche tout à fait volontaire pour ne pas dire faite exprès. Imaginez que ce faux texte soit un tant soit peu intéressant, au point de donner envie d’être lu par exemple… Il perdrait immédiatement sa fonction première. Il cesserait alors d’être un faux texte et il faudrait tout recommencer. En fait, tout l’intérêt de ce texte pourrait résider dans le fait qu’il pose – un petit peu – la question du vrai et du faux. Mais puisqu’il n’y répond pas, il est légitime de considérer que le désintérêt l’emporte largement. Et c’est tant mieux, car, au cas où vous l’auriez oublié… Ceci est un faux texte.

Crédit illustration : le tampographe Sardon

[no success story] 

Fatigué de « lorem ipsum dolor sit amet ». Marre du « taxi jaune qui avance » et du « pays de Cocagne ». Lassé de ces textes provisoires pour calibrer les mises en pages, j’ai eu envie d’en créer un nouveau. Au départ mes collègues directeurs artistiques étaient ravis de l’utiliser. Ça changeait. Mais très vite, j’ai eu des retours comme quoi il perturbait les lecteurs, qui avaient envie de le lire ! Comme je le redoutais dans mon faux texte lui-même, son intérêt l’avait emporté sur son désintérêt. Il avait perdu son essence : sa fonction d’invisibilité. Aujourd’hui, ce texte est là. Paradoxe, le fait qu’il puisse avoir du sens le condamne à l’inutile.

Auteur
Christophe Lemaire
Side project
Stereo Gun

SUITE DE LA VISITE

Pas évident de démêler le vrai du faux… C’est pourtant utile pour avancer dans la vie (un peu moins sur ce site). Pour y parvenir, vous vous fiez de préférence :

À vos yeux

À vos oreilles

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