Aux confins de l’absurde avec Fabcaro.

Voici le premier article de Roulade Arrière. Comme une évidence, il est consacré à Fabcaro, auteur de BD et romancier. Même si je n’ai découvert cet artiste que récemment, son art de l’absurde et son sens de l’observation sociale m’ont tout de suite parlé. C’est l’une de ses planches qui m’a inconsciemment inspiré ce projet de Roulade Arrière. En tout cas son nom.

C’est un fait : bien qu’il l’ignore, la génèse de ce site doit beaucoup à Fabcaro. Bon. On ne peut pas dire que la réciproque soit vraie, et je dois concéder que cet auteur ne m’a pas attendu pour produire une œuvre de haute volée.

Rayon bande dessinée, on trouve en premier lieu le célèbre « Zaï Zaï Zaï Zaï » (oui, quatre fois) qui met en scène un homme en cavale, devenu l’ennemi public n°1 car il n’avait pas sa carte de fidélité en passant à la caisse du supermarché. (Si vous voulez mon avis, il ne l’a pas volé !)

– la carte ?

– non, j’aurais écrit volée

– du coup, il l’a volée alors ?…

– la ferme.

Dans cet album, tout est prétexte au nonsense à la française, influence Gotlib ou Les Nuls, et chaque case est à prendre au trente huitième degré (ou pas) : une voiture fait des cabrioles aériennes, des petits vieux sont interviewés façon Groland, une discussion de comptoir tourne autour du systématisme des schémas de narration…

Et il y est bien sûr question d’une roulade arrière. Qui s’avèrera totalement loupée, mais je n’en dis pas plus…

On retrouve bien évidemment cet esprit Fabcaro dans ses autres publications (c’est quand même lui qui les écrit après tout) et je vous invite à les découvrir par vous-même. (Je ne peux pas faire tout le boulot à votre place).  Je peux néanmoins vous citer quelques références indispensables : « Moins qu’hier, plus que demain », « Formica », « Talk Show », « Open bar », « Et si l’amour c’était aimer ? », « La Bredoute », « Moins 20% sur l’esprit de la forêt », etc.

Un tel talent est un peu énervant, il faut bien le reconnaître.

Et maintenant, nous allons aborder un aspect plus difficile du travail de Fabcaro : les livres sans images.

Fabcaro n’a pas dessiné que des absurdités. Il en a aussi écrit.

Citons ici deux de ses romans publiés : « Figurec » et « Le discours ». Je n’ai pas encore lu le premier qui vient d’être réédité : il s’agirait a priori de l’histoire d’un auteur complètement dramatique qui aime aller à des enterrements… Mais je demande à voir.

Concernant « Le discours », je dispose d’informations de première main, mais ne souhaitant pas divulguer les ressorts de l’intrigue, je m’en tiendrai à des extraits choisis au hasard : « Elle m’avait admiré, et puis un jour elle a fini de m’admirer, c’est aussi simple que cela ». « Tous autour de moi sont en train de se gaver de gambas et moi j’ai un bol de vermicelles ». « Ma mère et ma sœur se lèvent pour aller dans la cuisine faire je ne sais quoi »… Voilà. Après tout, ceux qui veulent en savoir plus n’ont qu’à acheter cet (excellent) livre.

Attention : Fabcaro signe ses romans avec le patronyme Fabrice Caro, mais il s’agit bien des deux mêmes personnes. C’est subtil, et cela permet en même temps de bien les différencier. Il faut reconnaître que le monde littéraire et celui de la bande dessinée sont rarement amenés à se côtoyer (et on ne peut que s’en féliciter).

Mais Fabcaro, ce n’est pas seulement une œuvre brillante et prolifique avec des dessins ou avec pas des dessins. Fabcaro, c’est aussi « Zaï Zaï Zaï Zaï » adapté au théatre et même doublé à la bouche, en direct sur scène, par Nicolas & Bruno, les auteurs de « Message à Caractère Informatif ». C’est encore « Moins qu’hier, plus que demain » porté à l’écran sous forme d’une mini-série sur Canal+. C’est en sus, prévue pour la fin de l’année, une adaptation du « discours » au cinéma.

Fabcaro, c’est enfin un véritable chic type.

L’anecdote : Fabcaro à Nantes, l’art délicat de la dédicace décalée.

Je terminerai donc cet article par une anecdote (bien obligé, vu le titre… merci bien). Et il y sera fortement question d’une dédicace.

Laquelle eût lieu (je vous le donne en mille) à Nantes par un remarquable samedi de juin. Fabcaro était attablé en terrasse devant le café-librairie Les Boucaniers. Le soleil transperçait sporadiquement les nuages et son visage rayonnait d’une bienveillance non feinte. Une rencontre excessivement sympathique avec un homme qui fait preuve d’une humilité qui aurait échappé à un Bernard-Henri Lévy par exemple.

Un homme capable d’improviser un dialogue, comme ça, sur le champ et un coin de table, en quelques secondes. Voici donc cette dédicace, clin d’œil inventif et décalé, que vous pouvez découvrir ci-dessous.

Un grand merci à Fabcaro, parrain à son insu de ce site approximatif mais dans l’ensemble plutôt sincère.

Dédicace originale du livre « CONversations » de Jorge Bernstein avec la featuration de Fabcaro.
Vous remarquerez en haut de page les légères mais authentiques taches d’encre qui montrent que nous avons à faire à un auteur certes talentueux mais pas toujours très soigneux, malheureusement.

Pour aller plus loin dans l’univers de Fabcaro, cliquez ici et ici.

N.B. Les dessins illustrant cet article sont publiées avec l’autorisation de leur auteur.

 

SUITE DE LA VISITE

Les bouquins c’est pas mal, mais ça va 5 minutes. Que diriez-vous d’un peu de musique ? Ça tombe bien, Roulade Arrière multiplie les genres :

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